NFL

Musicothérapie réceptive

Partie théorique

Anna-Maria Nédéva

Novembre 2009

 

 


 

Musicothérapie réceptive

PARTIE THEORIQUE_ 4

INTRODUCTION_ 4

LES DIFFERENTES DEMARCHES_ 6

DEMARCHES RECEPTIVES 7

Méthodes à bases d'audition musicale_ 7

DEMARCHES ACTIVES 9

Pédagogie musicale appliquée à la musicothérapie_ 9

DEMARCHES MIXTES 10

Prise de conscience et d'analyse de la communication sonore_ 10

Structuration du vécu sonore_ 10

Approche thérapeutique des symptomatologies sonores 11

POINTS DE VUE SUR LA MUSICOTHERAPIE_ 13

LA MUSICOTHERAPIE RECEPTIVE_ 17

LE CHAMP INFORMATIONNEL 17

La noosphère_ 18

Les Civilisations cellulaires 18

Inconscient archétypal et inconscient collectif 18

PREMIERE ASSERTION_ 20

SECONDE ASSERTION_ 23

TROISIEME ASSERTION_ 25

THEORIES INFORMATIONNELLES ET MUSIQUE_ 27

CHOIX MUSICAL ET STRUCTURES PSYCHIQUES 34

Une rapide synthèse des époques et leurs compositeurs 38

Sublimation et Musicothérapie_ 41

CONCLUSION_ 43

BIBLIOGRAPHIE_ 45

DISCOGRAPHIE_ 46

 

PARTIE THEORIQUE

 

INTRODUCTION

 

Le mot « musicothérapie », constitué de « musique » et de « thérapie » englobe, selon moi, un vaste champ d’action, et une clarification semble nécessaire.

Souvent, quand j’entends parler de musicothérapie, il s’agit d’un accompagnement musical : exemple fréquent, lorsqu’au chevet des enfants malades à l’hôpital, arrivent des musiciens pour détendre l’atmosphère… Ou encore, l’utilisation de la musique pour déplacer l’attention lors d’un soin et permettre de diminuer la dose d’anesthésique ; cela n’est pas de la « musicothérapie », mais un accompagnement musical, ou sonore… Les effets en sont connus, d’après des tests et des observations (voir. bibliographie), mais il ne s’agit pas encore de la musicothérapie. Ceci est mon point de vue, que je vais chercher à vous faire partager!

Il me semble plus clair, plus exact, de parler de musicothérapie quand il y a une utilisation de la musique par un thérapeute, dans une optique de mieux-être et/ou vers une évolution positive du patient, voir un changement de sa structure psychique. Cela doit se faire dans un cadre thérapeutique et avec une stratégie thérapeutique impliquant la musique et ce qu’elle représente comme outil. Comme, par exemple, la respiration, une des choses la plus naturelle, utilisée d’une manière spécifique, peut devenir thérapeutique…

Il y a une différence fondamentale entre la musicothérapie active et la musicothérapie réceptive :

Dans la musicothérapie active, les patients sont en état de conscience d’éveil, le plus souvent debout, et ils jouent ou bougent avec la musique. Les défenses psychocorporelles sont actives

La musicothérapie réceptive, au contraire, n’est pas toujours pratiquée dans un état totalement éveillé : la position, allongée, change l’état de réceptivité…

Aujourd’hui, la musicothérapie active est d’avantage connue et mise en pratique par des musicothérapeutes formés dans différentes institutions, universitaires ou privées.

 

Je vous propose de faire maintenant une revue des différentes techniques à base de musique, dans différents cadres de développement personnel.

 

 

 

LES DIFFERENTES DEMARCHES

 

Je distinguerais différentes démarches par rapport à celle que j’utilise, car l’approche théorique et scientifique est différente dans l’explication des effets de la musique, ce que je développerais plus bas. Cette différence n’est pas contradictoire, mais complémentaire.

Je m’inspirerais de la classification donnée par le Professeur Edith Lecourt.

Une première période en France est apparue dans les années 1960 à 1975.

On y voit l'apparition des deux pôles de musicothérapie :

  • la technique à base d'écoute ou musicothérapie passive, qu’aujourd’hui on dénomme plus couramment réceptive :
  • celle à base de pratiques musicales ou musicothérapie active

Cette classification n’est toutefois pas stricte, car les deux pôles peuvent s’entremêler lors de leur application.

  • Je proposerai donc une troisième classification : techniques mixtes.

DEMARCHES RECEPTIVES

Méthodes à bases d'audition musicale

Ces méthodes sont plutôt de type réceptif. On utilise de courts extraits musicaux pour provoquer des modifications de comportement.

Technique individuelle

Il s'agit de modifier l'humeur ou le comportement d’un individu par l’écoute de morceaux choisis, diffusés dans un lieu permettant une bonne relaxation du patient.

La musique doit correspondre à l'humeur de la personne : il est en effet difficile de « toucher » une personne déprimée avec une musique joyeuse, tout comme une musique lente et triste n'atteindra pas une personne de tempérament gai et hyperactive.

Cette technique a été développée par Jacques Jost qui proposait l'écoute de trois morceaux :

  • un morceau correspondant à l'humeur du patient
  • un morceau dit « neutralisant »
  • un morceau correspondant à l'effet thérapeutique recherché

Technique de groupe

Ici le but est plutôt une socialisation des sujets.

On cherche également à ce qu’ils puissent s'exprimer : la musique sert de support à une stimulation verbale.

On peut demander aux patients à qui l’on fait écouter deux morceaux différents d’exprimer leur préférence et d'expliquer leur choix : cela met en place un début d'échanges avec le thérapeute et au sein du groupe.

‘Nourrissage’ musical : de la « consommation » à la perception de l'œuvre.

Musicothérapie réceptive, il s'agit ici d'une demande du patient qui éprouve un réel besoin d'entendre et surtout d'écouter de la musique sans qu'il y ait dans un premier temps une quelconque verbalisation ou une activité musicale.

Ce sont souvent des personnes déprimées à qui la musique fait du bien.

 

Ce type de démarches sont des accompagnements musicaux, car le rôle d’un thérapeute n’est pas précisé, le choix des morceaux n’est pas spécifié, pour quelle type des pathologies psychiques et pourquoi…

 

DEMARCHES ACTIVES

Pédagogie musicale appliquée à la musicothérapie

Il s'agit ici de musicothérapie active. On initie progressivement les patients à la musique pour que ceux-ci s'expriment à travers elle. On ne parle plus autour de la musique, mais on parle à travers elle.

Ce sont généralement des séances de groupe, durant lesquelles on travaille sur le rythme, la hauteur des sons et la notion d'harmonie dans le groupe. C'est un moyen de s'exprimer individuellement à travers la musique mais également de faire partie d'un tout. Ces séances permettent aux patients de se situer dans le groupe.

C’est une utilisation des éléments de la musique – rythmes, sons … - afin d’ouvrir des canaux de communication pour des personnes souffrant de troubles de communication.

 

DEMARCHES MIXTES

Les méthodes suivantes sont – selon moi – mixtes, à la fois réceptives et actives.

Prise de conscience et d'analyse de la communication sonore

Cette méthode peut parfois prendre la suite de la précédente. Il s'agit en fait de prendre conscience de ses problèmes à travers la communication sonore non verbale. On se réfère à ses expériences passées et la musique sert de médiateur entre le patient et son thérapeute.

En fait, on s'attache d'avantage ici aux qualités sensorielles de la musique (auditives, tactiles ...) plutôt qu'au message rationnel (et intellectualisé) qu'elle pourrait véhiculer.

Les séances peuvent être individuelles ou en groupe.

Structuration du vécu sonore

Cette méthode s’adresse à des patients manifestant une désorganisation du vécu sonore. Les communications résultant de ce fondement comme la parole et la musique s'en trouvent alors perturbées. C'est ce que l'on retrouve notamment chez les patients atteints d'autisme infantile.

C'est pourquoi, on essaye de retravailler le vécu sonore du patient en lui présentant tout d'abord des instruments « simples » avec des timbres clairs et on l'amène petit à petit à des expériences musicales plus élaborées.

 

Approche thérapeutique des symptomatologies sonores

C'est une thérapeutique s'appliquant à des pathologies s'exprimant dans le registre sonore.

Les exemples les plus connus de ces troubles sont : surdités à composantes psychiques, somatisations auditives, angoisse du bruit ou du silence, comportements d'isolation ou de surconsommation, difficultés musicales (chanter faux, difficultés instrumentales, problèmes rythmiques ...)

 

On cherche donc à rééduquer ces patients à travers leur vécu sonore et musical.

Méthode Tomatis

La méthode Tomatis est un exemple de ce type de démarche mixte. Personnellement, j’ai beaucoup de respect pour le Docteur Tomatis, qui, à ma connaissance, a été pionnier dans l’explication des effets de la musique, en tant que véhiculant l’énergie.

Sa méthode est très intéressante, toutefois les patients que j’ai rencontré et qui l’ont pratiqué n’ont pas eu des effets durables.

J’ai des réserves par rapport à l’utilisation de la musique comme outil fréquentiel, ce qu’il préconise en partie, avec la musique transformée… L’écoute de la musique avec un casque est incomplète, car le corps humain perçoit très bien les messages sonores : ce ciblage n’agit qu’au niveau de l’oreille et donc limite l’effet de la musique.

Deuxième point, l’utilisation de la musique de Mozart, comme « outil parfait » selon le Docteur Tomatis et toujours dans l’analyse de son contenu fréquentiel, mais pas comme mémoire émotionnelle, ne s’avère pas très efficace, ce que le musicien qui est en moi comprend très bien ! Je développerais cela ultérieurement.

Enfin, l’accompagnement des patients est fait par des personnes qui sont formées à la méthode, mais qui ne sont pas formées en psychothérapie ou en psychopathologie, ce qui laisse souvent les clients avec leur vécu en bredouille... ! Le sens du vécu n’est pas élaboré…

J’ai développé mon point de vue sur la méthode Tomatis, la méthode Bernard et celle du Docteur Bourdon dans mon mémoire « La musicothérapie – une thérapie psycho corporelle ».

 

Cela étant, la méthode Tomatis est une méthode très intéressante en accompagnement d’une psychothérapie, ou pour des personnes qui sont bien dans leurs « trois étages » psychiques : pour développer l’ouïe, et le parlé physiologique, pas forcement l’écoute dans sa dimension psychique.

 

Stimulation sensorielle, sensori-motrice et sensori-affective

Il s'agit de stimulation par écoute ou par production de musique et de sons.

Cette méthode s’adresse à des personnes très déficientes, comme les enfants polyhandicapés ou les personnes âgées atteintes d'Alzheimer.

Evidemment la liste ci-dessus des applications de la musicothérapie n'est pas exhaustive et concerne le plus souvent des pathologies psychiatriques ou au minimum nerveuses.

POINTS DE VUE SUR LA MUSICOTHERAPIE

La musicothérapie réceptive est restée dans un cadre incertain et flou et parfois est contestée.

Ainsi, dans son livre «Éléments de musicothérapie », Gérard Ducourneau exprime sa position de musicothérapeute actif, et émet des doutes concernant la démarche réceptive.

Je pense que la position de l’auteur aurait été différente s’il avait eu accès aux recherches cliniques que j’ai pu effectuer, et aussi une autre vision sur la musique comme langage émotionnel et culturel.

Voila quelques citations :

« …la musicothérapie ne peut être qu’active… »

« L’audition musicale peut être certes faire surgir des souvenirs, et si le sujet parle, il peut même raconter une foule de choses, lieux de projection de ses fantasmes. Pour un musicothérapeute, il serait maladroit d’en tirer des conclusions et d’utiliser ce matériel verbal, qui en réalité, ne peut être véritablement déchiffré que dans un lieu approprie, lieux de parole… Ce jeux mobile entre langage, représentation et référant est l’exercice même de la psychanalyse. »

 

Et exactement par ce matériel verbal, après une écoute musicale, le psychothérapeute/musicothérapeute entrevoit l’impact de la musique sur l’imaginaire du patient ! Et à travers les réactions et les jeux verbaux, les projections et phantasmes, l’inconscient se pointe avec toutes ses frayeurs, phobies, rêves… C’est le matériel indispensable pour un psychothérapeute, ou psychanalyste intégratif afin de commencer un travail de changement thérapisant.

 

« …il arrive parfois que, dans le domaine de l’écoute, on se laisse prendre à l’illusion de l’efficacité (n’est pris par l’illusion que celui qui mélange musicothérapie et thérapie verbale). On observe un mieux être et le patient, terme qui convient parfaitement ici, vient régulièrement. Nous sommes en présence d’un phénomène de résonance à une sensation. La musique « administrée » refoule, temporairement, le passé et finalement à l’image d’une drogue, crée une dépendance… Ajoutons que mener un système d’écoute présente de grande difficultés car cela nous impose de bien connaître l’histoire du sujet, ce qui n’est pas toujours possible, par exemple : le morceau était-il connue ? Ou non ?... »

Mais comment travailler avec quelqu'un en thérapie si on ne connaît pas bien son histoire ? Même s’il s’agit de musicothérapie active ? Pour des sujets psychotiques, même en état de conscience éveillée, debout, le rythme et les sons peuvent provoquer une forte réaction émotionnelle !

Les résultats obtenus au contraire en mixant la musicothérapie et la thérapie verbale ne sont pas illusion … !

 

La communication avec le sujet therapisé n’est pas possible dans le cas d’un handicap ou d’autisme… et encore ! Avec beaucoup de patience…

Mais il faut prendre en compte le système socio-économique et les priorités financées par la société…

 

Les champs d’application de la musicothérapie active sont différents de ceux de la musicothérapie réceptive.

Ducourneau, en parlant de « complexe son/être humain » ou « d’ouverture de canaux de communication… » met la musicothérapie active dans un contexte de relation et de développement personnel. Ce qui est vrai, mais ne peut pas exclure la démarche réceptive !

Dans les prescriptions thérapeutiques, il énumère les différentes formes de psychoses infantiles, les handicapés moteurs et la gériatrie… Evidement, cela est très important, mais un peu réducteur, restrictif, compte tenu que les pathologies psychiques ou autres ne sont heureusement pas dominantes dans la société (!) et qu’une démarche réceptive, dans un cadre d’une psychothérapie intégrative touche une couche de la société la plus nombreuse !

Ce qui me gène dans la position de Gérard Ducourneau, c’est son regard sur la musique qui me parait trop technique, avec une analyse de la communication musicale de l’analogique au digital, ce qui est très « informatique » ! Oui, c’est une forme de communication, mais très « outil » !

La musique est beaucoup plus que cela, selon moi, c’est la mémoire des peuples, des époques et des systèmes philosophico-esthétiques !

La musique est un langage émotionnel universel de l’humanité.

Pour un musicothérapeute, il me semble mieux de s’imprégner de l’histoire de la musique et de son esthétique, et surtout pourquoi les grands compositeurs l’ont utilisée comme système d’expression…

Ducourneau nous parle des ‘fondateurs de la musicothérapie’ de nos jours en France, Jacques Jost et le Centre International de Musicothérapie, qui était adepte d’une musicothérapie passive, et ici je le rejoins : l’écoute de belles musiques, avec tout leur pouvoir sur l’être humain, n’est pas musicothérapie…

Nous nous rejoignions aussi sur les dites « audio-thérapies », qui sont des démarches partielles, car le contenu fondamental de la musique est dérobé : la musique n’est pas qu’une combinaison de fréquences !

Ducourneau n’a pas mentionné non plus les thérapies verbales et psychocorporelles à côté de la psychanalyse… Il trace là une ligne de démarcation, voire une incompatibilité entre une démarche de musicothérapie active et une démarche verbale, et je trouve cela dommageable, car je pense que tout est fluide et inter-communiquant…

L’auteur mentionne encore qu’il s’appuie sur les travaux de Palo Alto, et dit s’occuper essentiellement du « rituel de la communication » : le thérapeute ne considère plus son patient comme un individu isolé sur lequel il devrait poser un diagnostique psychiatrique mais s'intéresse aux interactions actuelles du patient avec son environnement qui maintiennent son problème. En d'autres termes, le thérapeute se demande comment le système maintient l'homéostasie. On passe d'une explication individuelle et diachronique à une explication systémique et synchronique.

« … compte tenu de nos objectifs et sachant que le son, les instruments, les gestes jouent un grande rôle dans les rituels, c’est de cette façon qu’il faut veiller à ces manifestations et éventuellement les exploiter »

 

J’ai cité ce livre, car malgré nos différences, je considère l’auteur comme quelqu’un de très sérieux dans son souci de protéger les patients. Ce livre qui est plein de renseignements et de démarches pratiques très utiles pour la musicothérapie active.

 

 

 

LA MUSICOTHERAPIE RECEPTIVE

Dans cette partie de l’exposé, je me réfèrerai à mon mémoire « La musicothérapie - une thérapie psycho corporelle » joint en annexe, et je rappellerai les parties déjà exposées concernant certains aspect de la recherche clinique.

Aujourd’hui je vais développer le fondement théorique de la démarche, que j’avais mis en veille auparavant, et attirer le regard sur l’effet « groupe ».

Lors de mon travail avec l’équipe du Professeur Vlail Kaznatcheyev (Novossibirsk, 1992-1995), le concept de champ informationnel a servi de canevas scientifique. Une approche quantique et informationnelle, selon Le Professeur Kaznatcheev, permet de compléter l’explication des effets de la musique sur le système humain.

LE CHAMP INFORMATIONNEL

Le terme ‘champ informationnel’ est un concept englobant différentes approches. Des différentes interprétations existent et personnellement je me suis appuyé sur la représentation donnée par le Professeur Académicien Vlail Kaznatcheyev qui est un médecin, biologiste et chercheur russe mondialement connu. L’astrophysicien Kozyrev a fait un apport important avec ses travaux, observations et hypothèses sur l’information circulant dans l’univers spatio-temporel en utilisant ce champ.

Des chercheurs russes (ils existent aussi nombreux d’autres scientifiques, dans d’autres pays, qui s’en rapprochent!) ont formulé le concept d'un espace vivant, constitué d'un champ informationnel dont l'énergie temps serait une propriété originelle surgissant partout instantanément. Selon Vlail Kaznatcheyev, toute l'évolution de l'Univers procède activement de cet espace vivant cosmique.

Le Professeur Vlail Kaznatcheyev s’inscrit dans la tradition du scientifique Vladimir Vernadski : Vladimir Ivanovitch Vernadski était un minéralogiste et chimiste russe, co-fondateur de la géochimie moderne avec Victor Goldschmidt.

La noosphère

La noosphère, par exemple, est un concept forgé par Vladimir Vernadski, et repris par Pierre Teilhard de Chardin : ce serait le lieu de l'agrégation de l'ensemble des pensées, des consciences et des idées produites par l'humanité à chaque instant. Cette notion, qui reposé a l’époque, généralement sur des considérations plus philosophiques que scientifiques, fut l'objet de débats assez vifs et est resté associée à une forme de spiritualisme. On peut la rapprocher des notions de géosphère, de biosphère ou encore d'infosphère.

Les Civilisations cellulaires

Avec les recherches scientifiques actuelles dans le domaine de la physique, astrophysique et la physique quantique, des éléments confirmant ce concept ont été avancées. Vlail Kaznatcheyev, par exemple, a démontré une forme de communication entres les cultures de cellules en deçà de toute barrière supposée limiter la progression des contaminations ou des échanges d’informations de type génétique ou autre. La création d’un champ « commun » a été observée au niveau cellulaire. Il nomme ces cultures cellulaires des « Civilisations cellulaires » !

Kaznatcheyev ne parle plus d’hypothèse car ce sont des effets observés et confirmés depuis environ 40 ans !

A partir des leurs observations, Kaznatcheyev, Kozyrev et leurs équipes ont formulé leur théorie de champs informationnels vivants et intelligents !

Inconscient archétypal et inconscient collectif

Un champ informationnel commun, lors d’un état émotionnel commun groupal, nous pouvons l’observer dans des situations de réactions d’une foule, sous des fortes émotions ou d’un mouvement pulsionnel commun. C’est l’agroupement autour de la même information, qui crée une réaction similaire. Donc, le champ informationnel est un état de communication unifié. Et le mode de transmission est aussi - entre autre – de l’inconscient à l’inconscient, jusqu’à le conscient!

Jung a développé le concept de l’inconscient archétypal et inconscient collective. Les thérapeutes on souvent expérimenté la sensation d’une communication d'inconscient à inconscient entre l'analysé et l'analyste,

Mais revenons à nos résultats et les conclusions que j’ai pu faire après ces essais cliniques, essais qui sont en accord avec la vision des champs informationnels explorée par notre équipe :

« Aujourd’hui nous savons que tout vibre. L’Univers est vibration. L’océan produit ses vibrations, notre corps et notre cerveau également émettent leurs vibrations. D’où nous déduisons que la vibration est porteuse d'information. L'espace tout entier est organisation de vibrations et d'échanges d'informations. »

 

PREMIERE ASSERTION

 

La musique, en raison de sa structure vibratoire, est porteuse d’information.

« Le cerveau humain, qui est l'un des systèmes les plus complexes et le centre de traitement des informations pour la structure humaine a besoin d’un flux d’énergie très important pour maintenir son équilibre. Dans notre cerveau, cette énergie produit des ondes cérébrales, mesurables sur un électroencéphalogramme ou d’autres techniques d’observations de son activité.

 

Lors des essais cliniques à Novossibirsk, à l’Institut de Cosmo-Anthropoécologie, branche sibérienne de l’Académie des Sciences médicales de Russie, nous avons observé et mesuré l’activité cérébrale de sujets volontaires dont les structures psychiques à priori étaient non perturbées.

Ces observations ont été faites à l’aide d’encéphalogrammes et traitées en imagerie cérébrale.

Les sujets ont écouté des musiques de différentes époques et de différents styles, et nous avons pu constater, une importante augmentation des flux énergétiques dans le cerveau, suivie d'un équilibrage des deux hémisphères cérébraux, comme le montrent les mesures page suivantes.

 

 

Au cours de ces auditions, les ondes cérébrales émises par les sujets sont alors passées de Bêta à Alpha, puis à Thêta et ensuite à Delta ! (rappelons que les ondes correspondent à : Bêta, état de veille, Alpha, premier degré de repos ou léger état méditatif, Thêta, sommeil, et enfin Delta au sommeil profond…).
Nous avons obtenu ces effets très rapidement, après des auditions de quinze minutes de musiques seulement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous les sujets se sont très vite sentis reposés très profondément Certains ont rapportés que leur imaginaire était très stimulé.

L’affirmation du Docteur Tomatis, que les fréquences musicales se transforment en énergie, a également été observée par notre équipe ; de plus, nous avons observé que le flux énergétique le plus important était obtenu lors de l’écoute de musiques inconnues des sujets !

Autre fait très intéressant : malgré la relaxation extrême (onde Delta), les sujets sont restés éveillés ! Ce type d’état est connu par des personnes qui peuvent atteindre l’état d’une méditation avancée (pour obtenir cet état, il faut des années de pratique). C’est un état de conscience élargie, où le corps est immobile et n’est plus ressenti.

 

SECONDE ASSERTION

 

Les fréquences musicales se transforment en énergie.

 

Nous avons constaté que le cerveau était stimulé dans les deux hémisphères (lobe droit, lobe gauche) et cela d’une manière très équilibrée ! Cet effet se produisait surtout quand la musique était inconnue du sujet. Par inconnue nous voulons dire une musique nouvelle, jamais entendue, ou encore éloignée des usages traditionnels, socialement et culturellement !

Dr Tomatis a aussi considère que les fréquences sonores se transforment en énergie utilisé par le cerveau et l’organisme humain. (voir bibliographie)

 

Nous avons observé aussi qu’une musique de qualité a un effet plus précis qu’un fond musical ou que des morceaux musicaux créés sans respect pour les règles de l’art… Je développerais ce concept dans la partie consacré au choix de la musique…

Mais comment expliquer cet effet et à quoi servait cette énergétisation ?
Qu’est ce qu’elle apportait à l’être humain ?

Pour donner une explication au flux énergétique dans le cerveaux, représenté par l’activité des 2 lobes, flux plus puissant lors d’écoute de musiques inconnues, ou musique nouvelle, contemporaines, je me suis appuyée sur l’assertion du Ilya Prygojin (Prix Nobel de Chimie 1977) et de sa théorie des systèmes dissipatifs :

« … de larges fluctuations d’énergie intervenant au sein de systèmes complexes peuvent causer une profonde transformation de structure initiale de ces systèmes. Ceux-ci se réorganisent d’une façon plus complexe et dans une forme plus élevée. »  

 

Nous savons que l’enfant, stimulé par la nouveauté des choses à apprendre, traverse des périodes de développement beaucoup plus rapides qu’un adulte ! Chaque fois que l’homme est placé devant une situation inconnue, son système psychophysiologique est sollicité : il peut vivre une période de crise, puis un changement s’impose !

Une musique nouvelle est aussi une information nouvelle, et l’augmentation énergétique dans le système humain peut provoquer la crise nécessaire pour échanger une situation ancienne devenue inconfortable par une nouvelle !

TROISIEME ASSERTION 

 

La musique est porteuse de flux informationnels, et les fréquences sont l’expression matérielle de ces flux, leur support. Ces flux co-agissent avec la structure vibratoire de l’homme, par un effet de résonance. Ils se transforment en énergie permettant soit maintenir un équilibre soit de réorganiser des structures anciennes vers un stade supérieur.

Pour pouvoir casser une structure ancienne et l’échanger avec une autre plus évoluée, des flux informationnels considérables sont nécessaires, et les informations portées par ces flux doivent être des informations inconnues (nouvelles) par le sujet récepteur.

 

Je voudrais m’arrêter sur ce concept. Une réflexion s’impose :

La musique est porteuse d’une information, elle est un langage spécifique, elle est un mode de communication. Tout est là ! Nous pouvons l’utiliser selon les différentes coutumes et usages, mais il ne faut pas la réduire à des fréquences, vibrations ou autres concepts restrictifs. L’information que porte une musique est différente selon le contenu et la forme utilisés par son créateur.

De plus, vous pouvez avoir les mêmes fréquences, mais pas du tout le même effet, comme par exemple écouter la musique de Mozart, ou écouter le même ensemble de fréquences ! Les amateurs de la musique savent que l’interprétation d’un chef d’orchestre peut changer la perception d’une œuvre, alors même que les notes restent inchangées ! Le chef d’orchestre apporte des « paramètres » supplémentaires par son interprétation et ajoute ses propres émotions au langage émotionnel de la musique …

 

Pour résumer, dans la musicothérapie réceptive, le thérapeute travaille :

 

  1. avec l’énergie qu’apporte la musique,
  2. avec l’information qu’elle véhicule et l’effet que cette information produit sur le patient, (les effets varient selon les musiques, déjà connues, et celles inconnues, qui ont été choisies.)
  3. avec l’effet stimulation des parties du cerveau et du corps qui ne sont pas actifs en état de veille. C’est un effet stimulant des rêves et sollicitant les mémoires refoulées.
  4. avec le « touché musicale » qui est perceptible selon la musique dans des différents partie du corps. C’est l’effet psychocorporel.

 

Compte tenu des effets ci-dessus décrits, les structures psychiques qui peuvent profiter sans danger sont les structures névrotiques et certain patients limites. Par contre, si le thérapeute est formé et expérimenté, il pourra utiliser la musique, selon les défenses corporelles à solliciter.

La musique peux apporter beaucoup pour une structure psychique psychotique, mais il faudra faire attention, lors de ressenti émotionnel véhiculé par la musique et aux dangers potentiels d’une éventuelle décompensation du patient.

 

 

 

 

THEORIES INFORMATIONNELLES ET MUSIQUE

Champs informationnels unifiés

Depuis 1994, période de mes essais clinique en Russie, la vision d’une médecine du IIIème millénaire - énergétique, vibratoire et informationnelle - est de plus en plus présente, sous différentes formes, dans la société.

Le regard holistique, l’interconnectivité du vivant étaient à la base de la recherche fondamentale de plusieurs scientifiques, dont le Professeur Kaznatcheev.

Je rappelle l’expérience groupale lors des essais clinique effectués en Russie, et je vous exposerai mon analyse sur la différence de réactions dans le groupe russe et le groupe français exposé en partie clinique.

Résumé de l’expérience – groupe russe :

L’expérience était acceptée avec enthousiasme. Les personnes formant le groupe avait un objectif commun, c’est à dire l’expérience de quelque chose de nouveau. Il n y avait pas de résistance à quoi que ce soit ! A ma connaissance, pas des problématique psychocorporelle.

Les musiques étaient inconnues par les sujets et d’un style ‘musique contemporaine’.

Comme je déjà noté plus haut, nous avons été très surpris des similitudes de leurs vécus, avec une très faible variance ! En plus, étant le compositeur de certaines de ces musiques, je savais bien ce que j’y avais « encodé » comme sensation, information et images. C’était impressionnant de retrouver dans les feuilles remises, les descriptions de mon ressenti et les images qu’eux-mêmes avaient ressenties !!

Résumé de l’expérience – groupe français :

Dans ce groupe nous avons « imposé » l’expérience… ! Les participants, majoritairement des patients-limites, en travail de restructurations étaient majoritairement sur des positions défensives par rapport à tout élément nouveau qui pourrait troubler leur « cocoon » thérapeutique !

 

Comment expliquer cette différence dans les réactions ?

Je crois que c’est la différence d’intercommunication entre le créateur et du « message à communiquer » d’une part et les récepteurs, représentés pas les membres des groupes d’autre part. Le mot message est assez restrictif, j’essaie d’expliquer la communication de quelque chose qui est à la fois un vécu et les réactions émotionnelles à ce vécu… La musique raconte une histoire accompagnée de l’émotion que cette histoire a suscité à l’auteur!

Les deux groupes, était constitué avec des objectifs différents, le premier pour vivre quelque chose de nouveau avec une ouverture de toutes leurs perceptions, le second dans la protection et fermeture aux « agents » agresseurs !

Mais la création d’un champ informationnel unifié n’est pas un but en soi ! Cela ce produit parfois et dans certaines circonstances et nous essayons d’expliquer comment cela est possible !

Ervin Laszlo, philosophe et scientifique, décrit dans son livre magistral « Science et champs akaschique » de récentes découvertes en physique quantique, le champ mémoriel et informationnelle de l’univers et de la conscience.

« …Par ailleurs, comme les expériences de laboratoire le prouvent, les peuples modernes ont la capacité de transmission spontanée d'impressions et d'images, surtout si le lien affectif qui les unit est fort.
Certaines images et idées, tels les fameux symboles et archétypes universels, existent et se retrouvent dans les cultures de toutes les civilisations, qu'elles soient modernes ou anciennes, que leurs peuples se connaissent ou pas, ou connaissent ou pas l'existence des autres peuples.
Manifestement, l'esprit d'une personne a la faculté d'influer sur le cerveau et le corps d'une autre. Cette faculté, familière aux peuples indigènes, est démontrée de nos jours dans des expériences sérieuses et sert de fondement à une nouvelle branche de la médecine dite télésomatique ou médecine non localisée.

Les découvertes actuelles les plus avancées sur la conscience humaine rappellent la déclaration faite par Einstein il y a un demi-siècle :

 « L'être humain est partie intégrante du tout appelé 'univers', une partie limitée dans le temps et l'espace. Il fait l'expérience de ses pensées et de ses émotions comme quelque chose de dissociée du reste, en fait comme une sorte d'illusion d'optique de sa conscience. Cette illusion est en quelque sorte une prison pour lui, une prison qui le restreint à prendre des décisions purement personnelles et à donner de l'affection aux quelques personnes seulement qui lui sont le plus intimes. »

Dans mes travaux à Novossibirsk, le vécu commun et unifié a été observé dans le groupe de sujets qui adhéraient pleinement à cette expérience, et où il n’y avait pas de défense contre elle ! Deuxièmement, les sujets ne présentaient aucun mal-être ou autre problème psychique.

 

Par contre, lors des séances d’écoute décrites dans la partie clinique du présent mémoire, une partie du groupe était plus ou moins réticent, voire hostile à l’expérience et « retranché » dans des défenses personnelles. Le « vécu commun et amplifié » n’a pas pu se produire !!

Je crois que l’être humain peut « s’ouvrir » à une expérience unifiante ou s’en protéger. Heureusement que nous avons cette capacité de protection ! Par contre, certaines personnes en manquent, suite aux traumatismes divers.

Les réactions décrites montrent que la musicothérapie doit être pratiquée avec des précautions. Cela concerne les séances groupales de relaxations ou autres techniques d’expansion de conscience ! Ce que les personnes perçoivent pendant des séances de ce type, n’est pas forcement leur propre vécu !

Personnellement, j’ai participé à ce type de séances d’écoute et j’ai observé des « contaminations » émotionnelles des personnes plus fragiles, qui se mettaient à pleurer ou tremblaient suite à des émotions trop puissantes… Pour la plupart, ces sujets n’étaient pas suivis après…

En 1996, lors de l’organisation du « Colloque sur la médecine du IIIème millénaire » à Paris, j’ai eu le privilège de connaître le Professeur Régis Duteil, aujourd’hui décédé.

Pour Duteil, la musique pourra avoir une place d’honneur dans la palette de soignants dans une médecine, vibratoire et holistique. Dans son livre « La médecine superlumineuse » il parle de la méthode dite « des structures sonores holophoniques » de Madame Jacotte Chollet :

« …Nous voudrions, à titre d'exemple, signaler une méthode tout à fait originale. Elle consiste à induire des états de consciences «différents» de l'état de conscience habituel et a simultanément une action somatique, la conscience du sujet envoyant des messages sur les dysfonctionnements ou les zones ‑d'ombre» au niveau somatique…

… Soulignons bien qu'il ne s'agit pas de musicothérapie, qui a en effet pour but le traitement de certaines affections somatiques ou mentales par l'audition de morceaux de musique classique, étudiés et choisis en fonction de la nature de l'affection.

Dans le cas des «structures sonores holophoniques » de J. Chollet, nous avons affaire à un ensemble de fréquences musicales extrêmement diversifiées, composées de sons à harmoniques multiples, alliant les graves et les aigus et créant des mouvements vibratoires complexes. Le résultat est musicalement harmonieux mais donne un sentiment d'étrangeté indicible, provoquant 1’émergence d'émotions et d'idées qui se substituent bientôt à l’habituel mouvement de conscience actualisé dans la vie courante… »

 

« Il se manifeste même chez certains sujets des douleurs somatiques, qui pourraient correspondre topographiquement à la projection anatomique d'un organe (malade) présentant au niveau électromagnétique une dissonance, donc une lésion ou des troubles fonctionnels potentiels.

Les fréquences vibratoires sonores semblent véhiculer une information qui permet aux tissus de se remettre à l'unisson des autres cellules saines du corps. Il s'agirait donc d'un repérage «actif», les cellules du patient elles-mêmes se réorientant dans le sens d'une harmonisation unitaire, une fois le signal donné. Bien plus, ce dépistage - activation des zones pathologiques du corps n'est pas limité à l'instant présent : il fait émerger un signal somatique rappelant certaines maladies ou expériences du passé (mémoire cellulaire) »

La position de physicien qu’était Professeur Duteil, m’a réjouit, car à l’époque il était l’un des premiers à essayer d’expliquer les effets de la musique et à s’y intéresser sous cet angle, angle qui est le mien!

 

J’ai pris connaissance de cette méthode et je l’ai expérimenté. Très joliment nommée « structures soniques holophoniques » cette démarche impressionnait, et je m’attendais à beaucoup plus… J’ai passé une journée couchée, à écouter avec quelques personnes à mes cotés, des compositions que personnellement j’ai trouvé très déstructurées, voire sans aucune structure ; d’où, peut être, la sensation de « hors espace temps » décrite par le Professeur Duteil.

Compositeur diplômé, je « connais la cuisine » pour la création musicale… J’aurais été contente de trouver un compositeur qui apporte des morceaux inconnus, nouveaux ! Pour cela, j’ai été assez déçue…

Pour éviter tout transfert négatif de ma part, j’ai essayé de travailler avec des patients en utilisant la musique de J. Cholet, sans la nommer. Je ne parle jamais des compositeurs aux patients, car je considère que des projections possibles en déformeraient l’effet. Je me suis aperçue que cette musique n’apportait rien au niveau de l’augmentation des rêves, des réactions somatiques, voire plutôt moins par son manque de forme, et j’ai abandonné.

 

Ce qui est important, selon moi c’est que malgré tout, cette musique a produit des effets qui ont amené le Professeur Duteil à parler d’une démarche informationnelle du futur, et que la musique était vue sous cet angle !

 

 

Personnellement, j’ai observé que toute musique crée des effets à différents niveaux psychocorporels :

 

Une musique de rock apporte beaucoup d’énergie, elle touche les parties du bassin par ses basses et ses rythmes, et respectivement les zones corporelles correspondantes.

 

Une musique plus « éthérée » apportera un autre type d’énergie, peut être plus subtile, et selon la concentration des sons à certaines fréquences qui touchent les zones corporelles correspondantes.

 

 

Ce que je reprocherai à cette méthode est qu’elle prétend que les effets de sa musique sont soignants ! Non, la musique ne peut pas tout faire ! J.Cholet, à ma connaissance, ne prends pas en compte les structures psychiques et ignore les précautions éventuelles à prendre avant l’utilisation de sa musique.

C’est une écoute « sauvage » : si, pour les structures psychorigides, cette musique apporte une certaine détente, pour un patient de structure psychotique, le danger de cette musique déstructurée est de le plonger dans un univers où il sera encore plus perdu. Voire angoissé !

Les mots de Donald Winnicott me reviennent, lorsqu’il écrit en 1949 dans son article « Les souvenir de la naissance, le traumatisme de la naissance et l’angoisse », et prennent un sens très important :

« …C’est fondamentalement pour cette raison qu’en musique la forme est si importante. Grace à la forme, la fin est en vue depuis le début… »

CHOIX MUSICAL ET STRUCTURES PSYCHIQUES

 

La musique est selon moi un langage émotionnel, mais cet énoncé n’englobe pas la totalité de ce qu’elle est. La musique induit des états émotionnels ! Selon les coutumes et les formes d’expression d’usage ce langage est porteur des mémoires collectives.

 

L’histoire de la musique est depuis toujours étroitement liée à l’histoire des philosophies et de l’esthétique.

Chaque organisation humaine, socioculturelle et économique a son esthétique et sa philosophie. Le XXème siècle est particulier par l’explosion des différents courants philosophiques ou économiques, avec en résonance, une explosion des courants artistiques les plus contradictoires. D’où les formes musicales les plus variées et évidement, chacune souvent contestant les autres et s’appropriant « la vérité » !

Le rapport entre la forme et le contenu a toujours été une règle très importante dans la création d’une œuvre artistique.

Une salle de concert de musique classique est très différente par son espace d’une Église où autrefois la musique de Bach résonnait. Pour exprimer la grandeur de son message, Wagner ajoute et crée des instruments à cuivre, il élargit l’orchestre symphonique classique, convenu avant lui…

Depuis quelques décennies, les gens écoutent chez eux des musiques individuellement. Les formes musicales sont multiples, beaucoup n’obéissent plus aux règles de l’art, et tant que la règle n’est plus, l’instinct prend le dessus. Ceci pourrait être enrichissant, mais selon moi, curieusement, le message reste très primaire…

Le lien entre un système des valeurs d’une société et le type des névroses est connu.

L’éclatement des systèmes de valeurs, voir son inexistence, crée des formes de psychoses.

Le message porté par la musique est perçu par les auditeurs, et selon moi, c’est important de trouver parmi les musiques contemporaines des compositions qui portent un message constructif et évolutif !

Certaines musiques, « hard rock » ou « métal », portent des messages destructifs ou haineux et ont provoqué des réactions suicidaires chez certains amateurs…

 

D’où, le choix musical pour le musicothérapeute n’est pas anodin.

Une connaissance de l’histoire de la musique et de l’esthétique musicale me paraît importante, car plonger un patient dans une musique de Mozart ou de Debussy n’est pas du tout pareil, comme mémoire émotionnelle et comme transmission de système de valeurs sociétales ! N’oublions pas que l’esthétique musicale suit de près l’esthétique d’une époque, la philosophie, l’architecture…

Personnellement, j’ai obtenue les meilleurs résultats avec des musiques les plus éloignées d’un usage collectif, c’est à dire des musiques qui ne sont pas utilisées par les media et dans le quotidien … Je préfère aussi des musiques inconnues par le sujet, avec un bon équilibre entre la forme et le contenu.

Quand je parle des résultats, c’est bien évidement selon la structure et les défenses du sujet.

Je rappelle qu’une musique inconnue augmente plus le flux énergétique et dynamise l’auditeur. A priori, il n’y a pas une réaction acquise par rapport au message de l’œuvre écoutée.

Mais parfois, la nouveauté provoque aussi une réaction négative concernant le changement, et sollicite encore plus ses défenses. (L’expérience dans le groupe de thérapie)

Evidement, il ne s’agit pas d’une obligation, et le thérapeute devrait travailler selon les structures de ses patients, la nouveauté pourrait être induit progressivement !

Pour des structures psychotiques ou pour les patients limites, il est préférable de commencer avec des musiques qui sont douces, et très structurées. Comme par exemple, avec une forme simple, type A-B-A-B-A. Je suis persuadée que l’état d’une personnalité déstructurée pourrait s’aggraver par une musique sans forme contenant, ou certains dirons « libre ».

Au début, il est préférable que la musique soit perçue comme apaisante et rassurante.

Selon l’évolution de la restructuration des défenses des patients, les musiques pourront varier vers des formes plus complexes et avec une charge fréquentielle plus étendue, pour toucher les zones plus vulnérables, comme les zones génitales ou autres, selon le vécu du patient. Les musiques inconnues pourront être écoutées progressivement.

Des musiques de relaxation peuvent être écoutées, mais je déconseille des musiques ethniques, ou des musiques avec des solos d’instruments trop continus, comme par exemple une flute qui traverse toute la composition en étant très présente !

Pour la même raison, le chant représente aussi une musique à éviter pour des structures psychotiques, au moins au début du travail thérapeutique, à cause d’une forte présence humaine induite par la voix

Pour une structure psychique psychotique, la musique peut apporter beaucoup, mais il faudra faire attention, lors de ressentie émotionnel véhiculé par la musique et les dangers potentiels d’une éventuelle décompensation du patient.

Pour les structures névrotiques, la palette musicale est plus large. Selon le cas du patient il est possible de lui faire écouter une musique en accord avec son « émotion du jour », ou son contraire, pour solliciter ses défenses, et le « mettre en stress » avec une musique qu’il n’aime pas trop ! Des morceaux avec une dominance dans les sons graves est possible toute suite, en sachant que les zones génitales seront sollicitées.

Personnellement, je ne utilise pas des musiques classiques, ou rarement :

J’insiste à dire que la mémoire portée par ces musiques n’est pas en résonance avec les problèmes d’aujourd’hui.

Mais le thérapeute a traves sa personnalité effectueras les choix, qui co-agirons avec la personnalité du patient ! Ce qui est important que le musicothérapeute sache où il mène son patient au mieux possible !

 

Une rapide synthèse des époques et leurs compositeurs

Je voudrais préciser que l’usage du terme « classique » pour des musiques qui ne sont pas de variété, rock, techno, pop, est incorrect, mais c’est entré dans les mœurs. La classification des ouvres artistiques est difficile car les grand artistes dépassent souvent les  frontières «  de système » ! C’est un repérage, et comme je soulignée si dessus, la sensibilité du thérapeute en joueras.

Musique baroque 

Rameaux, Vivaldi, Bach…La musique est porteuse des émotions suscitées par un monde instable, ou les certitudes sont remises en cause, la mort est partout, et la domination du décor, le luxe comme défense contre la pérennité...

Musique classique

Elle englobe la période classique dans l’art et les compositeurs les plus connus de cette époque sont, Haydn et Mozart. Beethoven, dans ses ouvres jeunes est très classique et progressivement tends vers le romantisme.

Le « message » porté par cette musique est particulièrement équilibré, comme dans l’art classique.

J’utilise le mot du « message » dans le sens d’une communication entre l’auteur et l’auditeur. Par exemple en écoutant la musique de la Symphonie Pastorale, personnellement je vois un fiacre qui traverse les routes champêtres et je ressent l’émotion suscité par le beaux et calme paysage. Ceci est une interprétation personnelle, mais je ne crois pas que quelqu’un a pu ressentir des états guerriers en écoutant cette musique !

Revenons sur le message de styles classique. L’Homme se sent en équilibre par rapport à la Création, et la vie est moins angoissante. Je crois qu’une des raisons majeures de préférence de la musique de Mozart est due à cet équilibre.

Mais ce sont des messages d’époques révolues, ne l’oublions pas !

 

Viennent les romantiques 

Chopin, Schuman, Liszt …Dans l’esthétique romantique, l’individu, avec son ressentie face à l’Univers change les rapports homme - Dieu, ou l’individu face a la Création.

C’est une musique fortement chargée d’émotions. L’émotion de l’individu, sa perception individuelle commence à être dominante et rebelle.

Le message de Wagner, post romantique, est très différent par son contenue et forme !

 

Debussy, l’impressionniste des musiciens, nous transporte dans l’époque de l’impressionnisme, avec ses normes du beau !

 

Le crédo de l’expressionnisme musical, entre les deux guerres Mondiales change : il s’oppose aux règles de la création précédentes et proclame la liberté totale. Je pourrais citer Schönberg, Webern et plus tard Stockhausen.

L’esthétique expressionniste est liée au XXème siècle et le message musical exprime souvent l’horreur du vécu humain pendant cette période. Une subjectivité marquée par le sentiment de la souffrance et du tragique.

Cela pourra expliquer la fuite du public des salles des concerts et le renfermement de la création dit « sérieuse » dans les chapelles des « initiées ».

 

Le musicothérapeute doit travailler en tenant compte de « message » porté par la musique qu’il utilise. L’utilisation d’une musique qui est porteuse de mémoire collective des époques révolues est signifiante en soi.

Exemple :

Travailler avec un patient qui a des problèmes d’ancrage dans la réalité avec une musique de l’époque romantique ne facilitera pas le positionnement du Moi dans l’ici et maintenant, de manière harmonieuse.

D’où, selon moi, l’intérêt d’une musique contemporaine, qui lui permettra un meilleur ancrage dans notre temps.

 

Sublimation et Musicothérapie

La sublimation est l’un des quatre destins pulsionnels, quatre défenses contre les pulsions distinguées par Freud.

Le concept de la sublimation prend une importance particulière dans un travail avec la musique pour le psychothérapeute ou le psychanalyste intégratif !

 

Didier Kuntz, dans « L’art de sublimer », publié sur le site Internet  http://www.psychanalyse-en-mouvement.net nous dit :

«  … L’art n’existe-t-il pas d’abord parce qu’il y a des choses difficiles ou impossibles à dire? Certes, la sublimation y intervient, mais la création peut être aussi envisagée à la lumière de l’aphasie motrice, et décrite comme une effectuions motrice, une décharge ; on rejoint l’idée d’une pulsion, d’une force qui cherche à s’exprimer… »

« …On ne peut rendre compte de l’art en psychanalyse à la seule lumière des processus de sublimation, affaires de pulsions, donc de détournements de plaisirs d’organes… »

 

Le pouvoir de sublimer, ou transformer, ou transmuter ses pulsions, permet à l’être humain de supporter la dualité et la contradiction de son être !

La création artistique, et la sublimation ne sont possibles que chez l’être humain, l’animal suit ses pulsions…

Le niveau de la sublimation du créateur est encodé dans l’œuvre artistique et transmissible à l’auditeur !

Mes expériences cliniques ont confirmé cette intuition de musicien. Il est connu que la beauté du l’art induit des états extraordinaires chez le « consommateur » !

L’art peut provoquer aussi des états extrêmes : en Italie, les services d’urgences ont rapporté des cas de perte de conscience ou d’autres chocs psychologiques dus au contact direct avec des œuvres de la Chapelle Sixtine !

Pour aider le patient à sublimer ses propres pulsions, la belle musique lui montrera le chemin entrepris par le créateur de l’œuvre !

 

CONCLUSION

 

Dans le présent mémoire, j’ai voulu présenter ma vision d’une musicothérapie réceptive…

Je suis consciente que chaque prise de position est limitante, et ce que représentera la musicothérapie du futur sera forcement plus complète.

L’un de mes buts était de démontrer que la musique est porteuse des champs informationnels qui englobent les mémoires collectives des états de vécu de l’homme.

Pour nombreux musiciens, la musique est un langage : la notion de langage porte une notion sémantique et cette notion provoque des nombreuses discordes.

La musique est à la fois et langage et ressenti, pulsion et contrôle, conscient et inconscient ; elle est fluide et communique des états élargis de l’être pour lesquels nous n’avons pas les mots !

La musique est vibration, énergie, émotion, ressentie, mémoire…

Je crois que pour le psychanalyste intégratif et le thérapeute, la musique est un outil exquis pour atteindre des mémoires refoulées et difficilement accessibles à travers la parole.

La musicothérapie réceptive reste compatible avec la musicothérapie active et un travail psychocorporel !

La musicothérapie réceptive devrait être accompagnée d’un travail verbal. Donner du sens au vécu émotionnel !

 

 

Pour terminer, j’ai choisi un message d’Herbert Von Karajan :

 

« La musique est une réalité globalisante vécue, à la fois physique et spirituelle ; elle peut devenir objet de connaissance grâce à la réflexion et à des expérimentations scientifiques. Mais il est possible de l’étudier également en fonction de ses effets sur l’organisme dans le contexte de l’unité psychosomatique de l’individu. Ces recherches sont précieuses et justifiées dans la mesure où, selon la formule d’Hermann Hesse, toute reconnaissance est une re-création. »

 

 

Fin de la partie théorique

 

BIBLIOGRAPHIE

Auteur

Titre

Editeur

 

 

 

AUCHER Marie-Louise

En corps chanté

Hommes & Groupes Editeurs

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Audition égale comportement

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BOURDIN Dominique

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De l’homme rationnel à l’homme conscient

Ducourneau Gérard

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Winicott Donald

De la pédiatrie à la psychanalyse

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Publications personnelles

 

Harmonisation des champs informationnels par la musique

Journal IICA N°5

Novossibirsk

Musicoterapia en el espacio Kozyrev Medicina hollistica N°51

AMC MADRID

DISCOGRAPHIE

Compositeur

Titre

Editeur

 

 

 

Dr. Jeffrey Thompson

Inner Dance

Healing Music

Dr. Jeffrey Thompson

Mind System 2.0

The Relaxation Company

Jonathan Goldman

Chakra Chants

Ethereum Music

Rainer Tillmann

The sound of Planets

Binkey Kok Publications

 

 

 

Anna-Maria Nédéva

Mercure, Venus, Saturne …

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Les anges

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